9 avril 2018


Le tourbillon de la défiance

C’est dans l’air. On n’en est pas encore à proclamer que « le numérique nuit à la santé » mais, dans Les Echos, Jean-Marc Vittori ose déjà la comparaison entre l’industrie du numérique et celle… du tabac. Et il n’est pas seulement question d’addiction au smartphone. Le temps où la révolution numérique annonçait un monde meilleur est révolu. Aujourd’hui, le doute s’est installé. Et un vent de révolte se lève après la récente affaire Facebook/Cambridge Analytica, constate l’éditorialiste.

Joël de Rosnay, qu’on ne saurait soupçonner d’être un ennemi du progrès technologique, s’inquiète lui aussi de la capacité d’« influence illimitée » des multinationales du numérique sur nos actions de la vie quotidienne. Cette capacité à modifier ce qu’il nomme l’« ADN sociétal » à travers la puissance des réseaux sociaux peut s’exercer pour notre bien… ou non, estime-t-il. Déjà sursollicités, surchargés d’informations, nous voilà maintenant menacés dans notre intégrité psychologique collective. Ce n’est pas rassurant… et ce constat porte en lui le risque d’une défiance généralisée à l’égard des détenteurs du pouvoir numérique.

Face à ce risque, comment les marques doivent-elles gérer leurs prises de parole ? En affinant toujours plus leurs stratégies de contenus. Plus que jamais, les marques doivent s’adresser à chaque individu avec un contenu pertinent et intelligent qui prend en compte ses attentes. C’est à cette condition qu’elles ne seront pas entraînées à leur tour dans le tourbillon de la défiance.